Je rêve....
J'entre dans un magasin, je dis une seule phrase à celle qui m'accompagne et quelqu'un se retourne et me dit en souriant "Mais je vous connais"
Moi je m'étonne. Son visage ne me rappelle rien. Mais elle m'épate, car elle ajoute "Vous êtes conteuse !"
En effet, nombreux sont ceux qui me le disent. Elle m'épate encore "Je sais où je vous ai vue, au Mythos, en 2003 vous racontiez une histoire de rose bleue chinoise !" 2003-2008, cela fait un bail. Le souvenir me revient. Ce jour-là un spécialiste est venu et m'a dit "L. Tu casses les histoires : c'est dommage"
Je crois -et j'en suis sûre- qu'il faut être modérément un spécialiste. La seule raison d'être un "spécialiste" c'est la justification de sa facture.
Je n'ai qu'une seule spécialité : des sacs de consonnes et de voyelles qui se heurtent, se frappent, échotent et me ramènent à ma musique interne pour l'offrir en externe.
Pour revenir à la charmante personne, je l'ai remerciée et me suis préparée à mes interventions du mois
Moi je m'étonne. Son visage ne me rappelle rien. Mais elle m'épate, car elle ajoute "Vous êtes conteuse !"
En effet, nombreux sont ceux qui me le disent. Elle m'épate encore "Je sais où je vous ai vue, au Mythos, en 2003 vous racontiez une histoire de rose bleue chinoise !" 2003-2008, cela fait un bail. Le souvenir me revient. Ce jour-là un spécialiste est venu et m'a dit "L. Tu casses les histoires : c'est dommage"
Je crois -et j'en suis sûre- qu'il faut être modérément un spécialiste. La seule raison d'être un "spécialiste" c'est la justification de sa facture.
Je n'ai qu'une seule spécialité : des sacs de consonnes et de voyelles qui se heurtent, se frappent, échotent et me ramènent à ma musique interne pour l'offrir en externe.
Pour revenir à la charmante personne, je l'ai remerciée et me suis préparée à mes interventions du mois
Je rêve.... rien que du plaisir donné et reçu. Personne ne quitte les lieux, on vient me voir pour me dire que mes mots les ont faits se déplacer, divaguer, oublier le temps, retrouver des odeurs, des repères, des souvenirs, rire. On vient me dire que mon accent -celui qui n'est pas toulousain- est plaisant, que mon vocabulaire est intéressant, ma syntaxe de même : c'est éblouissant. Enivrant. J'aime être ivre.
Pas plus tard qu'hier, dans une école de la périphérie, je suis intervenue deux fois. Un drap tendu entre deux portes pour lire "JoYeux Noël" Un caisson posé sur une table, deux draps accrochés pour les cacher : j'avais mon Oural. Mon foulard de laine posé au sol entre deux, j'avais mon lac Baïkal. Une guirlande de coeurs rouges, le foyer de mon poêle de faïence. Un vieux manteau de fourrure au pied de la montagne blanche et l'on entendait l'ours hiberner. Mon décor était planté. Les enfants en demi-cercle étaient très réceptifs. Ils m'ont fait confiance. Ont répondu à mes suggestions. J'ai eu par deux fois un unisson rare et somptueux. A s'offrir une étonnante maison que Pierre a bâtie, un superbe diable au corps. A chanter en russe comme si c'était leur première langue. Bref, un bonheur. A retrouver. Noël, Joyeux Noël !... Quand Noël s'approche, quand Noël s'en vient, dans un tourbillon de cloches, dans une odeur de sapins, toutes les lumières changent, tous.... Tous les enfants sont des anges, tous les sourires sont beaux.... (Anne Sylvestre) http://www.annesylvestre.com/therese.htm
Libellés : aCtualité de la conteuse, C'était hier

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